Climat

Température mondiale : 3e mois de mai le plus chaud, pour la NASA

Le mois de mai 2019 a été le troisième plus chaud depuis le début des relevés de la NASA en 1880.  

Avec +0,87°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en mai 2019 est en baisse par rapport à avril (+1,01°C). Depuis 1880, seuls les mois de mai 2016 et 2017 ont été plus chauds.

Le fait saillant est sans doute que les six mois de mai les plus chauds de l’archive ont été observés ces six dernières années. La réanalyse NCEP-NCAR également relayée sur global-climat donne mai 2019 au 2e rang derrière 2016.

A noter que les anomalies mensuelles sont régulièrement révisées rétrospectivement car des données qui étaient jusqu’alors indisponibles sont prises en compte. Des changements dans les méthodes de calcul peuvent aussi modifier légèrement les chiffres sans affecter de manière significative le classement des mois les plus chauds. Ce mois de mai est marqué par une transition vers la version 4 du Réseau mondial de climatologie (GHCN).

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

Pour le mois de mai, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,10°C/décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération à +0,25°C/décennie. On peut voir ci-dessous la tendance de long terme au réchauffement avec un lissage sur 10 ans (courbe rouge) :

Anomalies en mai par rapport à 1951-1980. Source : NASA GISS.

2019 toujours à la 2è place

Pour l’année en cours (janvier-mai), 2019 se situe pour le moment à +0,98°C, juste derrière le record de 2016 (+1,01°C). A noter que l’on compare ici janvier-mai 2019 à des années complètes (sur 12 mois) pour le reste de l’archive.

Cette année est marquée par un épisode El Niño de faible intensité. La NOAA table sur la poursuite des conditions El Niño sur l’été 2019 (66% de chances), voire en automne et en hiver (50-55% de chances).

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

Les anomalies régionales

En mai, les anomalies de température observées se situent à la 3e place des archives dans l’hémisphère nord et à la 4e place dans l’hémisphère sud. Les températures ont été nettement supérieures à la moyenne dans les îles de Baffin, d’Ellesmere et dans la majeure partie du Groenland, où la transition saisonnière du bilan de masse en surface s’est produite plus tôt que d’habitude, après un mois d’avril chaud également.

L’Alaska et l’extrême ouest du Canada, le sud-est des États-Unis, le nord-ouest et le sud-ouest de l’Afrique, ainsi que l’extrême ouest et l’est de l’Asie, font partie des régions où les températures sont sensiblement supérieures à la normale.

Des températures nettement inférieures à la moyenne ont été relevées dans une bande allant du sud-ouest des États-Unis à l’est du Canada, en Asie centrale et dans certaines parties de l’Antarctique.

Anomalies de température pour le mois de mai 2019. Source : NASA GISS.

+1,15°C au-dessus de la période préindustrielle

Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980 mais on peut aussi calculer les anomalies par rapport aux données les plus lointaines, à savoir la période 1880-1920, une période où les émissions de gaz à effet de serre anthropiques n’avaient pas encore profondément modifié le climat.

Cela permet de comparer la situation actuelle aux objectifs que se sont fixés les Etats pour contenir le réchauffement climatique en-dessous du niveau considéré comme dangereux. Par rapport à la période 1880-1920, l’anomalie a été de +1,15°C en mai 2019.

Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible.

 

2 réponses »

  1. Bonjour Johan,
    Ce mois de mai est marqué par une transition vers la version 4 du Réseau mondial de climatologie (GHCN). Pouvez-vous m’expliquer ce que cela implique ?

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    • Bonjour Jacques,
      La Nasa utilise deux sources pour ses données, les stations au sol du réseau GHCN et les températures de surface de la mer ERSST. Ce sont les stations au sol, donc à la surface des terres, qui sont concernées. C’est la 4e version depuis les années 1990. Le principal changement, c’est qu’on passe de 7200 stations dans la v3 à 26 000 stations dans l’an v4. Les changements ne devraient pas être très importants cependant. Berkeley earth utilisait déjà beaucoup plus de stations que la NASA pour des résultats très similaires.

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