Climat

Vers une canicule remarquable en France

Une vague de chaleur pourrait conduire à des températures proches des records historiques en France et dans plusieurs villes européennes à la fin de ce mois de juin 2019. On parle d’une vague de chaleur importante pour la saison mais aussi dans l’absolu.  

Les modèles de prévision européens et américains s’accordent fortement sur le développement d’un blocage anticyclonique sur l’Europe occidentale. Si des valeurs record pourraient être enregistrées, les prévisions exactes de températures restent des prévisions et les chiffres ne peuvent être annoncés avec certitude.

Quoi qu’il en soit, une dépression positionnée sur l’Atlantique Est et un anticyclone sur l’Europe de l’ouest devraient conduire à un afflux d’air chaud sur la France. C’est la configuration qui est en train de se mettre en place, d’après Météo France : « Ce week-end, des conditions anticycloniques avec de hautes pressions reviennent sur le pays à l’avant d’une dépression sur l’Atlantique. Un flux de sud s’installe entre les deux systèmes et fait remonter une masse d’air très chaud sur le pays en provenance du Maghreb et de l’Espagne ».

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Températures à 850 millibars pour le jeudi 27 juin 2019. Cette prévision est basée sur le modèle GFS du jeudi 20 juin. Source : tropicaltidbits.com.

La chaleur a commencé à s’installer sur l’hexagone ce dimanche 23 juin. Météo France s’attend ensuite à une élévation des températures pour atteindre de 35°C à 40°C sur une grande partie de la France. A Carpentras, le thermomètre pourrait grimper à 43°C vendredi, d’après Météo France. Les températures minimales baisseront peu la nuit, le mercure ne descendra pas sous la barre des 20°C dans la plupart des régions.

Le pic des températures est attendu entre mercredi et la fin de semaine. La Chaîne Météo a placé 51 départements en alerte canicule. A Paris, la préfecture a déclenché dimanche le niveau 3 (sur 4) du plan canicule.

Les vagues de chaleur se produisent généralement entre début juillet et mi-août. Mais ces dernières années, la France a connu des épisodes de fortes chaleurs en juin (2017) et fin août (2016).

Il faut dire que la température n’est pas le seul paramètre à surveiller par temps de canicule. Une humidité élevée accroît encore la sensation de chaleur. Le corps humain se refroidit alors plus difficilement.

L’humidex est un indice qui combine la température et l’humidité, ce qui est censé mieux refléter la température perçue. Un humidex de 40 avec, par exemple, une température de 30 degrés signifie que la sensation de chaleur dans l’air humide à 30 degrés serait plus ou moins la même que dans de l’air sec à 40 degrés.

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Tableau de l’indice Humidex. Source : Environnement Canada.

A Paris Montsouris, l’humidex le plus élevé recensé remonte à la canicule de 2003, avec un Humidex de 43,8. Le 21 juin 2016, ce niveau a de nouveau été presque atteint avec 43,5. Du jamais vu pour un mois de juin depuis 2000 (faute de données suffisantes, il n’a pas été possible de prendre en compte les années précédentes).

Les humidex les plus élevés ne sont pas forcément relevés les jours où la température est la plus importante. Par exemple, en 2003, une journée a atteint 39,2°C mais avec une humidité de 22%, l’humidex fut « seulement » de 41,8.

Au-delà de 39, il y a une réelle sensation d’inconfort. Il est rare de voir ce niveau atteint à Paris en été. La zone de danger commence à 45, un niveau que l’on ne trouve pas à Paris, même lors des canicules. On a quand même pu voir en 2003 que plusieurs jours avec un humidex supérieur à 40 avaient affaibli les organismes. Des indices humidex de 45 et au-delà sont relevés dans certains pays plus chauds et humides que la France.

Nous allons voir maintenant que les prévisions de chaleur et d’humidité pour la fin du mois de juin 2019 sont assez étonnantes. Pour le jeudi 27 juin, The Weather Channel annonce 37°C à Paris en fin d’après-midi, avec une humidité de 36%. Une combinaison qui donnerait un Humidex de 44, donc plus élevé que celui de Paris Montsouris lors de la canicule de 2003.

Mais rappelons-le, il s’agit de prévisions, et cela vaut pour les températures comme pour l’humidité.

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3 réponses »

  1. D’après le modèle GFS, l’isotherme 0 atteindrait les 4600 à 4800 mètres de façon généralisée sur tous nos massifs montagneux. C’est pire qu’en 2003. Il ne restait déjà pas grand-chose comme glaciers dans les Pyrénées, je crois que cette fois c’est la fin. Et la situation pourrait devenir très dangereuse dans les Alpes. En 2003, plusieurs dizaines de randonneurs avaient dû être hélitreuillés en urgence à cause des éboulement des massifs, qui n’étaient plus tenus par le pergélisol.

    En plaine, le record de température en France métropolitaine est de 41,5°C en juin; il sera presque certainement battu. En tout cas, météo France annonce des pics à 42-44°C dans plusieurs régions comme l’Occitanie, la Provence, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre et la Bourgogne-Franche-Comté jeudi et vendredi. Et surtout, la vague de chaleur pourrait être bien plus longue que prévue initialement. La canicule proprement dite pourrait durer jusqu’au Week-end inclus sur un tiers sud-est du pays, mais les très fortes chaleurs se maintiendraient au voisinage des seuils de canicule toute la semaine suivante de l’Occitanie à la Provence. À suivre…

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