L’étendue moyenne de la banquise en octobre a été la plus basse jamais enregistrée, d’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Alors que le gel a été rapide le long des mers côtières de Sibérie, de vastes étendues d’eau libre ont subsisté dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, favorisant des températures de l’air exceptionnellement élevées dans ces régions. L’étendue reste également faible dans la baie de Baffin.
Le déclin de la couverture de glace de mer dans l’Arctique observé ces dernières décennies se confirme. L’Arctique se réchauffe en effet deux fois plus vite que la moyenne mondiale, un phénomène connu sous le nom d’amplification arctique.
En octobre 2019, l’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique a été de seulement 5,66 millions de km², le niveau plus bas pour ce mois depuis les 41 années d’enregistrements par satellite. C’est probablement aussi le plus bas relevé depuis 1850, si l’on se base sur les archives des scientifiques, des journaux, des navires, puis des avions collectées et analysées par le NSIDC.

Le nouveau record d’octobre est de 230 000 km² carrés inférieur à celui observé en 2012, le précédent minimum mensuel. C’est aussi 2,69 millions de km² inférieur à la moyenne 1981-2010. L’étendue journalière des glaces a commencé à se situer au-dessous des niveaux de 2012 à partir du 13 octobre, ce qui a permis d’atteindre un nouveau record pour le mois. Le taux linéaire de déclin de la glace de mer pour octobre est de 81 400 km² par an, soit 9,8% par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010.

Dans l’ensemble, la lisière des glaces est restée considérablement au nord de son emplacement moyen dans les mers de Beaufort, des Tchouktches, de Kara et de Barents, ainsi que dans la baie de Baffin. Cependant, autour de Svalbard, la banquise est revenue à des conditions proches de la moyenne pour cette période de l’année.


Le 18 octobre, l’étendue était de 3,08 millions de km² inférieure à la moyenne de 1981 à 2010, le plus grand écart quotidien par rapport à la moyenne observée dans les enregistrements de données satellitaires.
Les températures à la surface de la mer sont restées relativement élevées (2 à 5°C) au début d’octobre dans de vastes zones des mers de Tchouktches, de Laptev et de Kara.
La température de l’air à 925 hPa pour le mois a atteint 1 à 4°C au-dessus de la moyenne sur la majeure partie de l’océan Arctique, avec des anomalies atteignant +7°C au nord du Groenland. Des températures de l’air inférieures à la moyenne n’ont été observées qu’au sud-est de Svalbard. Des températures inhabituellement élevées ont été relevées au-dessus de la surface des mers de Beaufort et des Tchouktches en raison de la grande étendue d’eau libre. Celles-ci manifestent d’importants flux d’énergie de l’océan à l’atmosphère.

La glace de plus de deux ans d’âge ne représente aujourd’hui plus qu’un tiers de l’extension relevée au milieu des années 80 et environ la moitié des années 2000. On peut voir ci-dessous que la glace de 4 ans et plus occupait près de 3 millions de km² en octobre 1985, contre moins de 400 000 km² en 2019.





Répondre à Goupil Annuler la réponse.