Avec +0.706°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juin 2023 est le plus chaud des archives ERA5. Le précédent record de 2019 (+0.542°C) est largement battu alors qu’El Niño émerge à peine.

Les réanalyses comme ERA5 (ECMWF) intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Elles sont produites par assimilation de données, un processus qui repose à la fois sur des observations et des modèles utilisant les lois de la physique et les observations passées. Les données sont actualisées de manière journalière, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol.

Carte des anomalies ERA5 en juin 2023 par rapport à 1981-2010

Avec +0.706°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juin 2023 est de loin le plus chaud des annales ERA5 qui remontent à 1979. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0.532°C.

La France a connu son 2e mois de juin le plus chaud des annales (derrière 2003), tandis qu’un record de chaleur a été battu au Royaume-Uni. Les anomalies sont positives quasiment partout avec des températures de surface de la mer (SST) exceptionnelles, qui tirent actuellement la tendance mondiale, comme le montre le graphique ci-dessous des SST. Les SST en 2023 dominent tout ce qu’on a pu voir précédemment.

SST entre 60S et 60N. Source : Climate Reanalyzer/Université du Maine

Le graphique ci-dessous montre les 10 anomalies les plus élevées jamais observées en juin. A l’image des SST, les températures à la surface du globe au mois de juin 2023 se distinguent nettement du reste de l’archive.

op 10 des anomalies ERA5 en juin par rapport à 1981-2010

Après une période La Niña exceptionnellement prolongée, des conditions El Niño sont désormais présentes et devraient se renforcer progressivement au cours de l’hiver 2023-24. L’anomalie dans la région Niño 3.4 a atteint +0.81°C en juin (le seuil La Niña est fixé à -0.5°C, le seuil El Niño à +0.5°C). D’après la moyenne des modèles, l’anomalie pourrait passer à 1.76°C sur septembre-octobre-novembre. Le seuil pour un événement qualifié de « fort » est de +1.5°C dans la région Niño 3.4.

Prévisions des modèles dynamiques pour les températures de surface de la mer dans la région Niño 3.4. Source : CPC IRI.

Pour calculer la température mondiale par rapport à la période préindustrielle, il faut utiliser une autre archive que celle d’ERA5 car celle-ci remonte à 1979 seulement. L’archive du Met Office présente l’avantage de remonter aux années 1850. HadCRUT5 a récemment remplacé HadCRUT4 avec des améliorations dans la couverture globale et la mesure des températures de surface de la mer. Les données de HadCRUT5 sont utilisées ici pour calculer l’évolution d’ERA5 par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).

L’anomalie de +0,706°C observée au mois de juin 2023 par rapport à 1981-2010 correspond à +1,35°C par rapport à 1850-1900, ce qui est assez exceptionnel pour cette période de l’année. Les anomalies les plus importantes sont habituellement relevées en hiver (au sens de l’hémisphère nord), quand l’effet de levier d’El Niño est le plus important.

Les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1,337°C et +1,33°C. La moyenne sur janvier-juin 2023 est de +0,566°C au-dessus de 1981-2010, soit +1,272°C par rapport à 1850-1900. Si cette anomalie devait perdurer toute l’année, elle ferait de 2023 la 4e année la plus chaude depuis le début des relevés, derrière 2016, 2020 et 2019. Le réchauffement lié à El Niño fera cependant grimper l’anomalie mondiale d’ici la fin de l’année. Si les prévisions des modèles se concrétisaient, la température annuelle pourrait au final se situer à des niveaux record dès 2023, sachant que le réchauffement sera probablement encore plus marqué en 2024.


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5 réponses à « Température mondiale : record de chaleur en juin 2023 »

  1. Avatar de Jacques
    Jacques

    Bonjour Johan,
    En regardant la rubrique « Température mondiale actuelle » j’ai été a nouveau surpris par l’anomalie quotidienne du 4 juillet dernier. A +1.009°C, on a l’impression que le réchauffement climatique est devenu hors de contrôle. Si je comprend bien, on pourrait s’attendre que l’anomalie du 6 juillet dépasse celle du 4 juillet selon ce graphique https://climatereanalyzer.org/clim/t2_daily/

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    1. Avatar de JL

      Bonjour Jacques
      Effectivement, la température globale pourrait être aussi plus élevée sur ERA5 le 6 juillet. Si la tendance d’ERA5 suit celle de NCEP CFSV2, cela donnerait environ 0,99°C le 5 juillet et 1,05°C le 6 juillet. L’anomalie présentée sur global-climat.com est relative à 1981-2010, celle de NCEP CFSV2 relative à 1979-2000.

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  2. Avatar de Maignial
    Maignial

    Le Berkeley estime désormais à 81% la probabilité que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée. Cette probabilité était estimée à seulement 54% le mois passé! Mais la confirmation du développement de el niño et l’emballement du climat en juin on changé la donne. Et vu comme c’est parti en juillet, ça ne m’étonnerait pas que cette probabilité soit revue encore nettement à la hausse dans un mois.

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    1. Avatar de Parmantier
      Parmantier

      A suivre les chiffres de juin et le début juillet encore pire, il est clair que cela s’emballe. Très inquiétant, la faiblesse de la banquise antarctique. La durée du jour de l’hémisphère austral s’allonge tandis que l’eau n’est pas encore gelée sous forme de banquise alors qu’elle commence à être éclairée. Il manque pas loin de 3 millions de km².

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  3. Avatar de 1011_art
    1011_art

    En partage sur ce sujet, un commentaire sous forme de dessins : « Vanité », dont le rapport du GIEC est à l’origine : https://1011-art.blogspot.com/p/vanite.html
    Et « La robe de Médée », en conséquence directe, la perte de la biodiversité : https://1011-art.blogspot.com/p/la-robe-de-medee.html

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