La combustion de  charbon, de bois et de gaz dégage du gaz carbonique, qui provoque l’effet de serre et dont la demie-vie dans l’atmosphère est d’environ cent ans. Elle produit aussi des aérosols, qui ne subsistent que quelques jours dans l’air. Il s’agit de diverses molécules dont certaines absorbent la lumière solaire, alors que d’autres la réfractent , et en protègent la Terre (lien aerosols).

L’utilisation des énergies fossiles provoque aussi la formation de ces molécules qui refroidissent la Planète. Un des grands dilemmes du climat est que l’arrêt soudain de toutes les usines provoquerait la disparition des aérosols, qui pourrait brusquement réchauffer la Planète d’environ un demi-degré Celsius. Ce serait dramatique, et pourrait conduire à des violentes intempéries et à la mort des forêts. Pourtant, si nous continuons, l’effet de serre s’accroît et la température planétaire augmente. 

Différents aérosols sont produits par combustion du charbon, du pétrole et du bois. Les avions en vol rejettent des résidus du carburant consommé. Ces particules favorisent la condensation de cirrus, fins nuages vaporeux. Ceux-ci empêchent la chaleur de se dissiper et contribuent au réchauffement climatique.

En 2020, la circulation aérienne a été fortement limitée par les mesures de confinement. Durant cette période, le ciel a été plus dégagé. En absence d’avions, le nombre de nuages cirrus a été réduit de 9%, et ceux qui se sont formés étaient un peu moins denses.

L’arrêt des avions a donc eu un effet bénéfique immédiat sur le réchauffement climatique. Sans ces nuages et leur effet chauffant, la température de la Planète pourrait diminuer un peu (phys.org). Au contraire, un arrêt brusque de la consommation du charbon dans les usines chinoises a provoqué une diminution d’aérosols refroidissants et a pu augmenter légèrement les températures. A long terme bien sûr, l’arrêt de l’aviation actuelle, aussi bien que celui de la consommation du charbon, limite l’effet de serre pour les décennies futures.

Cette étude suggère que nous pourrions limiter l’aviation quasi immédiatement, enfin dès qu’un tel changement sera organisé. Des restrictions de vols pourraient constituer une solution valable de sauvetage d’urgence du climat. Au minimum, il faut mettre en place des améliorations telles que des vols sans escale, et des connections en train ou en bus.

Avant la crise covid, l’aviation connaissait un essor rapide.  Si cette évolution se poursuivait, les émissions de carbone des avions augmenteraient beaucoup l’effet de serre. De plus, ils provoqueraient la formation de plus de cirrus. Vu le développement de ce monde de transport, le réchauffement provoqué par les cirrus pourrait tripler vers 2050 (phys2). Il faut absolument le juguler avant, et en tenir compte dans conception de nouveaux carburants. Des combustibles plus propres pourraient limiter la condensation des nuages, mais les émissions de CO2 aéronautiques devraient aussi aussi être sérieusement limitées. Si des mesures d’urgence doivent être prises pour sauver le climat, la limitation de l’aviation semble une excellente solution.


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5 réponses à « L’arrêt des avions limite le réchauffement »

  1. Avatar de A. Randomjack

    Bonjour
    Une autre coïncidence… la vie en est remplie.
    Hier soir je cherchais des trucs sur la climat sur le site du «Imperial College London» et je suis tombé sur ce titre
    « Clouds created by aircraft have a bigger impact than the emissions they emit»
    Je ne sais pas si je peux poster des liens ici
    Traduction d’une citation
    « L’effet de réchauffement des traînées de condensation dans l’atmosphère aujourd’hui est plus important que tout le CO2 émis par les avions depuis l’aube du vol.
    Dr Gryspeerdt
    _________________
    I y a longtemps que je traîne aussi un lien vers une autre étude du même endroit :
    Grantham Institute Briefing paper No 14 September 2015
    « Ocean heat uptake and the global surface temperature record »
    qui conclut que la chaleur accumulée dans les océans équivaudrait à une hausse de 36°C du réchauffement mesuré, qui est actuellement d’environ 1,5°C par rapport à la moyenne de base utilisée par le GIEC.

    Merci pour votre travail
    et excusez-moi de vous en donner un peu plus.

    Bonne et agréable journée
    Cordialement
    Jack

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    1. Avatar de Bernard Vandevandel
      Bernard Vandevandel

      Bonjour.

      A propos de la chaleur accumulée dans les océans, vous évoquez une hausse de 36°C !!!! … Je présume que vous avez voulu écrire qu’elle représenterait à elle seule 36 % du réchauffement global moyen d’environ 1,5°C actuellement mesuré par rapport à la moyenne préindustrielle….

      Bien à vous.
      Bernard Vandevandel.

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      1. Avatar de A. Randomjack

        Ce n’est pas une présomption.
        Les océans absorbent 93’4% du réchauffement global au rythme en équivalence d’énergie de quelques bombes du type Hiroshima à la seconde.
        Prière de consulter le papier mentionné, c’est un PDF et ça parle de trucs mirobolants genre «zêtajoules».
        En espérant que le lien tienne

        Cliquer pour accéder à Ocean-heat-uptake—Grantham-BP-15.pdf

        Merci pour l’intérêt
        Bonne lecture

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  2. Avatar de A. Randomjack

    À l’attention de Dorota et JL
    Rebonjour
    Ma source pour la répartition du réchauffement global est Skeptical Science et le graphiqu du GIEC, rapport AR4 (2002).
    Je doute que ça ait changé depuis de façon notable depuis, mais c’est bien difficile de faire des recherches fructueuses dans le dernier rapport du GIEC
    J’ai appris beaucoup sur le site de Skeptical Science, un site dédié à déconstruire les nombreux mythes sur le réchauffement global et auquel je suis abonné depuis… environ une décennie.
    https://skepticalscience.com/Where-is-global-warming-going.html

    Merci encore

    Cordialement
    Jack

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  3. Avatar de Tom
    Tom

    Merci pour cet article ! Je ne savais pas que l'<a rel=« nofollow » href=«https://cuir-aviateur.com/collections/bombardier-femme»>aéronautique</a> avait un tel impact sur notre environnement.

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