Climat

Température mondiale : +0,463°C en mai, d’après NCEP-NCAR

Avec +0,463°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mai 2020 est le 4e plus chaud des archives NCEP-NCAR. 

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement publiées, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA et la NOAA qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-juin).

Le top 10 des mois de mai les plus chauds

Avec +0,463°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de mai 2020 est le 4e plus chaud des annales NCEP-NCAR qui remontent à 1948. L’anomalie de température mondiale est en baisse par rapport à avril 2020 (+0,543°C). Les neuf mois de mai les plus chauds sont tous postérieurs à 2010.

Top 10 des mois de mai les plus chauds depuis 1948 (anomalies par rapport à 1981-2010). D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en mai avec une tendance de fond au réchauffement depuis 1948. La tendance est de +0,139°C par décennie depuis 1948, avec une accélération sur les 20 dernières années à +0,222°C par décennie.

Anomalies de température mondiale en mai par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

L’année 2020 à la troisième place 

Dans ce classement provisoire, les cinq premiers mois de 2020 sont comparés à des années pleines. 2020 se situe pour le moment à la troisième place des années les plus chaudes, sachant que le record de 2016 est en partie dû à un El Niño extrême.

Top 10 des années les plus chaudes depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en mai 2020

L’anomalie dans l’hémisphère nord (+0,483°C) est la 4e plus élevée des archives. L’hémisphère sud enregistre a 7e anomalie la plus importante depuis 1948 (+0,439°C), avec des valeurs élevées en Antarctique, comme au mois d’avril.

Des conditions ENSO neutres prévalent toujours dans le Pacifique, d’après la NOAA. En mai, les températures de surface de la mer équatoriale ont été proches de la moyenne dans l’océan Pacifique. Les derniers relevés hebdomadaires de SST du mois de mai sont en baisse er s’approchent cependant du seuil -0,5°C dans la région 3.4. La circulation atmosphérique tropicale est encore compatible avec des conditions ENSO neutres. Selon la NOAA, cette situation devrait perdurer lors de l’été 2020 au sens de l’hémisphère Nord (~ 65% de chances), et  pourraient se poursuivre jusqu’à l’automne (45 à 50% de chances).

Carte d’anomalies pour le mois de mai 2020. D’après NCEP-NCAR.

+1,102°C en mai 2020 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,102°C en mai 2020, sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Catégories :Climat

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13 réponses »

  1. Hors sujet, mais je voulais partager cette étude avec celles et ceux que ça intéresse: A 23 m.y. record of low atmospheric CO2
    https://pubs.geoscienceworld.org/gsa/geology/article/doi/10.1130/G47681.1/586769/A-23-m-y-record-of-low-atmospheric-CO2

    Je n’ai pas eu le temps de la lire en détail mais, en gros, les chercheurs ont reconstruit le taux de CO2 de la basse atmosphère à partir du δ13C de 700 plantes fossiles réparties sur les derniers 23 millions d’années. Leurs résultats sont comparés à ceux d’autres études analysant les stomates, les alkénones et les paléosols; l’incertitude à 68% (soit à peu près un écart type) suggère que le taux de CO2 actuel est inédit depuis au moins 7 millions d’années, la valeur centrale étant toujours inférieure à 400 ppm sur les 23 millions d’années.

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  2. Bonjour Johan,
    Le site Futura-sciences annonce qu’une concentration mesurée de 418,12 parties par million (ppm) a été faite le dimanche 3 mai 2020 à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï en précisant que c’est la plus forte concentration de CO2 atmosphérique jamais enregistrée.
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-france-enregistre-son-debut-annee-plus-chaud-depuis-premieres-mesures-temperature-80881/
    J’aurais eu tendance à penser qu’en raison du ralentissement économique actuelle causée par la pandémie de coronavirus que la concentration de CO2 atmosphérique aurait été moindre, voire ralenti temporairement.

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      • Oui, s’il y avait baisse notable des émissions anthropiques, les océans deviendraient émetteurs nets, nous rendant ce que nous leur avons fait engloutir de force afin d’équilibrer les pressions partielles air/eau. Au final, la baisse de concentration atmosphérique pendant deux ou trois décennies serait très faible, comparée à une éventuelle chute des émissions.

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