Climat

Antarctique : une hausse de la mer plus importante que prévu ?

Selon une nouvelle étude, il faudra attendre 2060 pour savoir à quel point le niveau de la mer augmentera d’ici la fin du siècle. L’incertitude provient de l’Antarctique : deux mécanismes pourraient avoir un impact majeur sur la vaste calotte de glace.

La fourchette d’élévation du niveau de la mer est assez large pour le siècle à venir, selon les différentes estimations. Prenons par exemple un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre (le RCP 8.5) : la prévision centrale du dernier rapport du GIEC est de 74 centimètres pour 2100. Mais des études plus récentes ont fait état d’un risque d’élévation de 1,8 m. Selon que l’on retienne l’hypothèse pessimiste ou optimiste, il y a de quoi submerger entre 100 et 150 millions de personnes dans la répartition géographique actuelle.

En plus d’inonder de façon permanente certaines régions côtières, l’élévation du niveau de la mer aggravera les dégâts provoqués par les ouragans.

Une nouvelle étude publiée dans Earth’s Future conclut que les scientifiques ne seront pas en mesure de préciser avant quelques dizaines d’années l’ampleur de la menace. C’est du côté de l’Antarctique que proviennent les principales incertitudes.

Nous pourrions nous retrouver avec une élévation du niveau de la mer de 2,4 m en 2100, selon Robert E. Kopp, auteur principal de l’étude. Mais il est peu probable que nous en ayons des preuves évidentes d’ici 2050.

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Projections d’élévation du niveau de la mer avec le scénario RCP 8.5 pour 2050, 2100 et 2300. Source : Kopp et al.

L’objectif de l’Accord de Paris conclu en 2015 pourrait permettre de contenir l’élévation du niveau de la mer. Cet accord ambitionne de ramener les émissions nettes de gaz à effet de serre à zéro dans la seconde moitié de ce siècle.

Pour déterminer avec plus de précision les risques à venir, la nouvelle étude combine une projection d’élévation du niveau de la mer bien établie avec un modèle de calotte glaciaire prenant en compte deux mécanismes qui pourraient mener à l’instabilité de l’inlandsis.

Une modélisation récente de la calotte antarctique, développée par deux des coauteurs de l’article, Robert DeConto (Université du Massachusetts) et David Pollard (Université d’État de Pennsylvanie), indique en effet que les réserves de glace du continent pourraient être moins stables qu’on ne le pensait auparavant. Ils pointent deux facteurs : l’hydrofracturation et l’effondrement des falaises.

Le processus appelé hydrofracturation est impliqué dans la désintégration de la plateforme glaciaire de Larsen B en 2002 dans la péninsule antarctique. Aujourd’hui, les températures estivales approchent voire dépassent légèrement 0°C à la surface de certaines plateformes. Il ne suffirait que d’un petit réchauffement atmosphérique pour augmenter considérablement la surface concernée par la fonte et les précipitations d’été. Les plateformes peuvent être déstabilisées par le dessus en raison des infiltrations à l’origine de crevasses.

Cette fonte des plateformes laisse de larges pans de la côte antarctique avec des falaises de près de 100 mètres de haut exposées à l’océan et susceptibles de s’écrouler. Une fonte totale des plateformes favorisée par le réchauffement de surface placerait ces falaises en première ligne avec un risque accru d’effondrement. Si l’on ne prend en compte que la fonte d’origine marine, on ne parvient pas à anticiper une telle menace sur les falaises de l’Antarctique.

L’interaction entre l’hydrofracturation et l’effondrement des falaises de glace pourrait entraîner un niveau global de la mer beaucoup plus élevé qu’annoncé dans le rapport d’évaluation 2013 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Aujourd’hui, la fonte des plateformes de glace de l’Antarctique est principalement due au contact avec l’eau chaude. Mais d’après DeConto et Pollard, dans les scénarios les plus pessimistes d’émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement atmosphérique devrait supplanter l’océan comme le facteur dominant de la débâcle.

Les chercheurs font des progrès, mais ne savent toujours pas exactement quand ces processus pourraient se déclencher ni à quelle vitesse le niveau de la mer pourrait augmenter en réponse. Les plateformes de glace sont la clé. Elles retiennent le flux de glace de l’Antarctique vers l’océan. C’est pourquoi il est essentiel de contrôler les températures à l’échelle mondiale et de ne pas dépasser le seuil de 3°C.

Des périodes chaudes antérieures marquées par un niveau de la mer nettement supérieur à celui d’aujourd’hui – jusqu’à 20 mètres – laissent penser que la calotte glaciaire de l’Antarctique a dû être un acteur majeur de l’élévation. Il y a environ 3 millions d’années, le niveau de la mer était de 20 mètres supérieur au niveau actuel avec une concentration de CO2 d’environ 400 ppm, comme  au début du 21è siècle.

Les modèles simulant l’évolution des calottes glaciaires ne permettaient pas jusqu’à présent de reproduire l’élévation du niveau des mers qui a eu lieu lors de certaines périodes passées qui furent pourtant à peine plus chaudes qu’aujourd’hui. La seule explication serait donc une plus grande sensibilité de l’Antarctique, y-compris la partie Est réputée la plus stable.

Le GIEC a estimé dans son précédent rapport que l’élévation du niveau de la mer dans un avenir à forte émission se situerait probablement entre 60 centimètres et 1 mètre d’ici 2100. L’instabilité des falaises pourrait conduire au-delà de 2 mètres dès 2100,  selon Kopp et ses coauteurs. En revanche, cette instabilité n’aura pas beaucoup d’effet si nous atteignons l’objectif d’émissions de l’Accord de Paris. Ce dernier permettrait de contenir la hausse mondiale probable entre 30 et 90 centimètres.

Avec le scénario RCP 8.5, la nouvelle estimation de Kopp et al. induit une fourchette probable de 93 cm à 2,43 m d’élévation du niveau de la mer. Une telle augmentation submergerait de 106 à 235 millions de personnes sur la planète en 2100. Dont la moitié en Chine, au Bangladesh et au Vietnam.

Le niveau continuerait ensuite à augmenter : en 2300, la hausse de la mer serait de 9 à 15 mètres. Entre 765 millions et 1,162 milliards d’individus seraient alors concernés dans la configuration démographique actuelle.

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68 réponses »

    • Bonsoir,
      Désolé pour la réponse tardive. Il s’avère que l’article du climatoblogue fait référence à une étude sur les fossiles coralliens montrant que l’élévation du niveau de la mer a été non linéaire dans le passé. Cela pourrait accréditer l’idée selon laquelle il y aurait des seuils conduisant à la déstabilisation des calottes glaciaires.

  1. L’article promet une hausse  » de 2,4 m en 2100, mais il est peu probable que nous en ayons des preuves évidentes d’ici 2050″. C’est super, le gars nous promet un apocalypse pour dans 80 ans, mais aucune preuve concrète et mesurable avant 40 ans.
    Effectivement, c’est du sérieux.
    Déjà qu’on a du mal à prévoir le temps à moins d’une semaine…

    Et dire que toutes ces conneries sur le réchauffement sont partie de Margaret Thatcher qui voulait en finir avec les mineurs Anglais et privilégier le Nucléaire. La bêtise occidentale a fait le reste, ce qui a fait le bonheur de nos gouvernants.

    Aveuglés par l’écologisme, comme nos parents l’étaient par les mirages et mensonges communistes.

    • Bien avant Thatcher, la théorie des gaz à effet de serre a été émise par un certain Joseph Fourier, mathématicien du 19ème siècle dont l’analyse basée sur les fréquences d’un signal porte le nom. Ironie, c’est de sa méthode analytique dont se servent aujourd’hui un certain nombre de climato-sceptiques, dont vous avez reporté les réflexions ici, pour nier l’origine anthropique du réchauffement du 20ème siècle…

      À ma connaissance, Fourier ignorait que les activités industrielles de son temps augmentaient déjà la concentration atmosphérique en GES. Mais le célèbre chimiste Arrhenius le comprit dès la fin du 19ème siècle, et il estimait qu’un doublement de la concentration en C02 (par rapport à l’ère pré-industrielle) provoquerait un réchauffement planétaire de +5°C. Comme quoi, ça ne date pas d’hier!

      • Et vous pensez que Fourier au 19ème siècle avait déjà tout compris sur le climat terrestre ? qu’il avait le même niveau de savoir qu’en 2017 ? (Même en 2017, ce savoir est d’ailleurs très loin d’être suffisant apparemment).
        Il y a une différence entre poser des bases d’une théorie et prédire le niveau de réchauffement de la Terre.
        Ce qui est nul dans toutes ces prévisions apocalyptiques, c’est qu’elles ne se vérifient pas (pour les précédentes), et qu’on nous dise que la prochaine prédiction à 80 ans sera la bonne et vérifiable dans ses premiers effets dans 30 ou 40 ans (certains scientifiques comme J. Curry ou R. Lindzen diraient que ça laisse le temps de faire carrière dans la science avec de belles subventions…).
        C’est toutes ces outrances des alarmistes, des politiques et des journalistes qui ont fini par dézinguer ma climato-crédulité d’il n’y a pas si longtemps.

        • La hausse du niveau des océans est un phénomène lent qui nécessite que la dynamique des glaciers s’accélère en amont. Si l’étude dont parle Johan voit juste, vers 2060, on verra une brutale accélération de la dynamique des glaciers antarctiques sous l’effet du réchauffement et de « rétro-actions positives ». Alors, on pourra en déduire que le niveau des mers montera bien plus que prévu actuellement par le GIEC à l’horizon 2100, car en 40 ans, d’énormes volumes de glaces se seront déversés dans les océans en raison de cette accélération. Si, par contre, la dynamique des glaciers reste similaire à ce qu’elle est aujourd’hui, cela voudra dire que l’étude a surestimé l’impact des rétroactions et qu’il y a peu de chances que la hausse du niveau marin explose d’ici la fin du siècle.

          Rien d’extraordinaire dans un tel raisonnement! Si c’est avec ça que vous comptez montrer que les tenants du réchauffement anthropique sont dans l’impasse, vous n’irez pas loin…

          • Le souci, c’est que nos politiques sont très friands de ce genre d’études, ça leur permet de justifier des taxes et de favoriser une fausse économie, subventionnée.
            Je sais bien que quoi qu’il arrive, les tenants du réchauffement anthropique ne lâcheront jamais, soit par intérêt pour beaucoup, soit par peur, soit par idéologie.

          • Ninja à écrit : « Le souci, c’est que nos politiques sont très friands de ce genre d’études »
            Normal. Et il se trouve que d’une certaine manière, cette étude semble très certainement commandée par eux ou bien une organisation devant eux. Lisez donc les remerciements (subventions des NFS et RHG) et la conclusion à qui elle s’adresse :

            ‘ […] That said, end-users of sea-level rise projections should be cognizant of single-study bias: the DP16 simulations should be viewed as expanding scientific understanding of the space of the physically coherent, rather than as offering firm projections of what will be.
            […]End-users should therefore consider applying robust decision frameworks and/or adaptive management frameworks appropriate for deeply uncertain contexts. Where feasible, they could employ decision criteria that seek to minimize regret or optimize weighted mixtures of expected utilities across multiple possible distributions (e.g., Heal & Millner, 2014), rather than relying on a single distribution.
            They could also try to structure decisions in a staged fashion, such that the decisions being made today depend primarily upon mid-century projections while leaving open a variety of options for later in the century (e.g., Ranger et al., 2013). The value of this approach stems from the robustness of mid-century sea-level rise projections relative to those for later in the century.[…] ‘

            La politique ou l’exercice du pouvoir. Je suis pourtant bien loin de cautionner tout ce panier de crabe qui le personalise et les organes qui le cristalisent. Savoir pour prévoir, afin de pouvoir. Ou encore, gouverner, c’est prévoir. Nous ne savons pas ici qui est derrière le RHG (des assureurs ?), uniquement le NSF; mais où est le problème au final, que souhaitez-vous voir reéllement ? Que des entités juridiques/éconmiques soient prêtes à minimiser les risques pour le plus grand nombre ou bien qu’elles n’en aient rien à battre et encaisser des pertes maximales avec des épisodes de type Xynthia par exemple ?

  2. Le problème, avec les glaciers (en particulier ceux de l’Antarctique et du Groenland), c’est qu’il y a beaucoup plus de rétro-actions positives que négatives.

    En rétro-actions négatives, on a:
    -la formation d’une couche d’eau douce et froide issue de la fonte, plus susceptible de geler;
    -la diminution du poids des glaciers, alors que la force de gravité est celle qui permet leur écoulement;
    -l’augmentation des précipitations solides sur les zones les plus froides, à cause du radoucissement atmosphérique.

    En boucles amplificatrices, on a:
    -l’augmentation de l’albedo par la fonte;
    -l’augmentation de l’albedo par la croissance des algues dopée par le radoucissement;
    -la lubrification de la base des glaciers par les eaux de fonte et des océans;
    -la formations de crevasses à cause de l’accélération des glaciers, failles qui rejouent en permanence et forment des passages pour les eaux de fonte et/ou des océans;
    -la perte des plateformes de glaces, qui ralentissent l’écoulement des glaciers;
    -la perte d’altitude des calottes, dont le sommet atteint des altitudes encore moins froides;
    -le rebond isostatique, qui provoque des secousses sismiques à même de destabiliser les glaces;
    -la hausse du niveau des océans, qui fait qu’une partie encore plus importante des glaciers se retrouve vulnérable aux eaux océaniques chaudes.

    J’en oublie, mais ça donne un bon aperçu de la fragilité de ces formations. Et quand la pente est prise, il y a des chances que ça aille de plus en plus vite.

    • … c’est la raison pour laquelle, depuis plusieurs décennies déjà, des spécialistes comme James Hansen disent que les modèles sous-estiment largement la fragilité des calottes glaciaires polaires, et que la hausse du niveau marin sera probablement de plus de 2 mètres d’ici la fin du siècle.

      On sait, en tout cas, qu’un réchauffement global de 4 à 5°C s’est traduit par des évènements de fonte massifs il y a 15000 ans. Les océans ont pu monter de 5 mètres par siècle, une fois la « vitesse de croisière » atteinte.

        • Le coup du « ce coup-ci c’est vrai », je ne les compte. plus ! 🙂
          Ce monsieur a-t-il une source plus solide qu’un cours de bourse et d’un graphe sur l’activité solaire pour faire mieux que votre fan ici: https://global-climat.com/2017/12/03/ncep-ncar-042c-en-novembre-2017/#comment-2296 ? Car entrer carrément dans une ère glacière, ce n’est pas rien. Et renverser la charge de la preuve, ce n’est pas une demande anodine non plus.

          • Ghtuz,
            La Nasa n’a jamais annoncé d’ère glaciaire… Ce que prétend cet article est absurde. L’auteur ne donne aucun lien étayant ces âneries, à part le cycle solaire dont l’immense majorité des scientifiques estime qu’il a eu un impact mineur – mais pas nul – ces dernières décennies.
            Bon, bref, inutile de tirer sur une ambulance…
            Quand à l’article sur les rayons cosmiques, Science & Vie ne prend pas parti mais ne fait que publier un compte-rendu. L’auteur de l’étude, Svensmark, défend cette thèse depuis des années, sans convaincre.

          • C’est pas grave. L’avenir nous dira ce qu’il en est réellement.
            A part ça, tous ces hivers bien rudes, ces records de froid et ces grosses chutes de neiges en ce moment, ce n’est en apparence pas très raccord avec notre période de réchauffement sans précédent => http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/27/01008-20171227ARTFIG00235-un-froid-extreme-sans-precedent-touche-l-amerique-du-nord.php
            Et c’est pas ça qui va convaincre Trump de revenir dans le droit chemin.

            • Il y a bel et bien un froid extrême en Amérique du Nord en ce moment. Comme vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous êtes désormais parfaitement conscient que cela peut être une conséquence paradoxale du réchauffement climatique…

          • Bonjour Johan,

            Le parti-pris de Svensmark ne semble plus à démontrer, effectivement; mais je me demandais ce que ça pouvait apporter de plus par rapport au programme cloud du CERN sur le fait que nos cochoncetés d’aérosols (militaro-industriels, agricoles) ainsi que ceux de la biosphère et l’hydrosphère ont plus d’impacts aujourd’hui que ces rayons, hors évènement galactique majeur.

            Une question à propos de ces moulins et bédières d’après cette étude : si en raison de l’augmentation de la température de l’air celles-ci prennent le pas sur la réduction de la calotte par rapport à la fonte basale par les incursions océaniques à un instant, est-ce que ceci peut être interprété de la façon que ce processus ne se fera plus que sur l’inlandsis et que les plateformes de glace auront pratiquement disparues ?

            • Je crois que la fonte basale et en surface jouent de concert pour conduire à l’effondrement des immenses falaises, si c’est la question. Cela se fait dans un premier temps via la destruction des plateformes de glace. Quand il n’y a plus de plateforme, le glacier est exposé à l’océan comme un flan de montagne et non plus en pente douce. D’où l’effondrement de gigantesques falaises comme lors de la destruction de Larsen B qui a exposé le Crane Glacier. C’est pourquoi il y a des incertitudes. Si le phénomène n’est pas massif actuellement, il pourrait devenir important à l’avenir car on sait que les plateformes sont menacées.

          • Bien entendu, s’il fait froid, c’est à cause du réchauffement…
            Le Figaro, dont l’indépendance et l’absence totale de parti pris en la matière, a déjà fait un papier sans ambiguïté à ce sujet => http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/27/01008-20171227ARTFIG00191-les-coups-de-froid-polaire-sont-lies-au-rechauffement.php
            Dans la même veine, « Le Monde » va suivre, avec pourquoi pas une interview du Pr Mann (Joueur de Hockey à ses heures, ça tombe bien, et pas tricheur pour un sou), comme celle où il attribuait les dernières inondations de Houston au réchauffement bien sûr.
            D’ailleurs, quels que soient les évènements, ils sont toujours liés au réchauffement (anthropique bien sûr) et si d’autres hypothèses sont mises sur la table, elles ne peuvent être que farfelues 🙂

    • Le sujet du dérèglement climatique est plurifactoriel. ‘ une des questions qui se posent est de savoir s’il se comporte comme un phénomène continu ou discontinu. Pour ma part, je pense (mais ce n’est qu’une pensée, sans argumentation scientifique adéquate) qu’un fonctionnement multi-factoriel simple dans lequel on introduit des éléments nouveaux conduit généralement à court et moyen terme (moins de mille fois les quotas étudiés, à savoir 100 000 ans dans le cas présent) à des situations chaotiques, c’est à dire à une véritable dérégulation du comportement du climat.. Pour des périodes plus longues, on peut établir des continuités utilisables sous formes d’équations. Etant donné la multiplicité des rétroactions positives appréhendables, je pense qu’on peut légitimement, sur le court terme (50 à 1000 ans) , envisager une fonte majeure des inlandsis et des banquises. La brutalité ou la progressivité d’une situation chaotique comme celle que nous vivons me semble difficile à anticiper.

      Pour ceux qui auraient du mal à comprendre, j’utiliserais la notion d’effet de seuil. Ce qui fonctionne longtemps selon des cycles se dérègle un certain temps avant de retrouver un « nouvel » équilibre. Pour des élèves qui auraient du mal à comprendre, je dirais qu’à force de pousser une gomme le long de la table, à un moment, la gomme tombe.

  3. Pour en revenir au mini-débat « est-ce que les coups de froid extrêmes sont dûs au réchauffement climatique ? », j’avoue être aussi assez dubitatif sur la question……
    Certes, il y a un rationnel scientifique là-dessus mais je constate aussi qu’il y a aussi une sorte de double-discours.

    Je m’explique: on dit souvent, pour illustrer le réchauffement climatique en France, qu’il n’y a plus jamais de très gros hivers comme on a pu en avoir en 1946, 1956, 1962, 63 ou 1985 (le seul où j’étais né).
    Et si d’aventure il y en avait un de nouveau, on nous expliquerait que c’est à cause du réchauffement climatique…..

    Ces hivers très très rudes du XXeme siècle étaient-ils aussi dûs au réchauffement climatique ???
    Les concentrations en CO2 atmosphérique étaient pourtant bcp plus basses à cette époque.

    • Surtout qu’il y a quelques années on nous martelait qu’on n’aurait plus d’hiver et même plus de neige…
      Allez voir les commentaires des gens sur le site du Figaro, on peut les voir en téléchargeant l’appli de ce… « journal » sur son smartphone, (ça évite d’acheter l’article intitulé : « Les vagues de froid polaire sont bien liées au réchauffement de la planète »).
      Vous verrez que les gens on bien compris qu’on les prenait pour des imbéciles et que la limite de l’overdose réchauffiste est certainement atteinte. C’est assez impressionnant d’ailleurs ce flot de réactions.

      Par ailleurs, je note la nette tendance à redescendre de l’anomalie mensuelle, malgré un taux de CO2 qui ne mollit pas. Une explication ?

    • Personne ne dit que le réchauffement climatique est à l’origine de tous les hivers rudes dans le monde. Les incursions d’air froid venu du nord sont liées à la position du jet stream, qui peut descendre vers le sud quand il ondule, avec ou sans réchauffement climatique. Il est lié au gradient de température. Ce qu’affirment certains scientifiques – la question est encore en débat – c’est qu’une diminution du gradient due au réchauffement plus important de l’Arctique affaiblit le jet stream. Il est ainsi susceptible d’avoir de plus larges ondulations. Cela signifie des incursions d’air froid en hiver. Cela peut aussi favoriser les canicules en été en cas de blocage anticyclonique.

      • Enfin vous confirmez mes lectures, je vis dans la forêt au Québec, et je peux vous assurer que les variations de températures sont anormales, il fait plus froid chez moi qu’au pôle Nord en ce moment, les ondes de Rosby sont en effet plus souvent beaucoup plus prononcées. Mais en dehors des débats sur la fonte de la banquise et des glaciers de même que sur le réchauffement climatique auquel je crois fermement, on oublie l’augmentation constante de la masse thermique que produit notre civilisation avec la surconsommation et la croissance à tout prix. Notre planète est fini et la plupart des matières premières aussi.

    • Ce que les journalistes oublient souvent de dire, à propos de ces coups de froid, c’est qu’ils sont alternés avec des périodes de douceur inédites. On pourrait parler des températures positives au pôle nord en janvier dernier, ou des chaleurs record en Californie ce mois de décembre (avec les incendies les plus importants de l’Histoire), ou du mois de décembre 2015 historiquement doux, sec et ensoleillé sur les 3/4 de l’Europe… L’affaiblissement du jet stream conduit à des fluctuations dans les flux atmosphériques qui favorisent aussi bien les vagues de froid que les records de douceur. Ce qui est sûr, c’est que la moyenne des températures augmente partout sur la planète. Même en Amérique du nord, et même en hiver.

      • Tout à fait Maignial, mais il est difficile de délivrer une explication exhaustive du système climatique dès que l’on rend compte d’une étude. On se perd dans d’interminables conjectures face à des commentaires insensibles à l’argumentation rationnelle. J’essaye modestement d’y répondre et je vous remercie pour vos efforts réels de compréhension et d’explication.

        • Oui, on a vu ici ce qu’il peut être fait d’arguments rationnels, et c’est bien pire ailleurs. C’est une bataille vaine pour les convaincus de tous bords, mais ce qui m’intéresse est de démonter les arguments faciles et faux qui pourraient être crus par les non initiés.

          Merci pour vos encouragements 🙂

        • Pour pouvoir parler de moyenne climatologique, comme c’était le cas dans mon commentaire, il faut se baser sur plusieurs années voire décennies. Par sur les fluctuation d’un mois à l’autre, ni même d’une année à l’autre. Votre commentaire est un non sens, comme c’est désormais régulièrement le cas dans votre précipitation enthousiaste à vouloir démontrer que ceux qui ne vous suivent pas dans votre déni sont des cons.

          • Je ne vous prends pas pour des cons.
            Vous êtes montés en ébullition (les médias et les politiques aussi) au même rythme que l’anomalie qui n’a fait que monter en flèche jusqu’à début 2016, j’ai même vu les mots « emballement climatique ». Maintenant qu’elle redescend franchement depuis près de 2 ans, vous voulez l’ignorer en parlant sur long terme. Soit.

            Citation : « Selon les écologistes s’il fait chaud, c’est à cause du réchauffement, mais s’il fait froid aussi. C’est ce que Popper appelait « immuniser une doctrine contre le réel ». Plus rien ne peut désormais la contredire, elle est infalsifiable ».

            • Les anomalies de températures mensuelles sont en baisse mais je vous rappelle que l’année 2017 est en passe d’être la deuxième plus chaude depuis le début des mesures, donc ne vous emballez pas trop non plus.
              D’autre part, je ne sais pas où vous avez lu qu’une anomalie globale mensuelle, qu’elle soit en baisse ou en hausse, permettait de prévoir le temps qu’il ferait dans une partie du globe en hiver.
              Il y a des téléconnexions, c’est à dire un lien entre les conditions climatiques dans une région du globe et une autre, et cela sert davantage dans une prévision opérationnelle.
              Le réchauffement global est un contexte de fond qui peut amplifier éventuellement lesdites téléconnexions.

          • Ninja! un peu de mathématiques!

            « Parce que l’anomalie mondiale mensuelle qui redescend ça fait remonter la moyenne partout ?
            Ben ça c’est fort aussi… »

            Mathématiquement, une anomalie qui descend, tant qu’elle est supérieure à la moyenne, faite remonter la moyenne.

            exemple : sur 10 ans, une moyenne est de + 1,00. la dernière année, la moyenne a été de +1,5. L’année suivante, la moyenne est de +1,3.soit une baisse de 0,2.

            La moyenne sur 11 ans est de (10*1+1,3) /11 = 1,03

            1,03 est supérieur à 1.

            Je pense que ces termes simples vous sont accessibles sans référencement.

    • Bonjour PhildeNuits,

      Avec le jet-stream, vous pouvez également avancer que les vagues de froids cette année peuvent être aussi accentuées par l’épisode la Niña. Ce qui n’empêchera pas d’observer beaucoup d’anomalies de températures positives sur d’autres points du globe qui compensent ce que vivent et ressentent beaucoup d’américains et une partie des européens.

      Si vous souhaitez prendre connaissance des observations je vous propose une URL directe sur ce sujet:
      http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#t2anom

      Savez-vous que d’après une étude de Ellen et Lonnie Thompson, l’optimum médiéval n’a pas été ressenti partout et que l’Asie centrale semble y avoir échappé (avec la fonte actuelle des glaciers, de nouveaux forages ont été effectués récemment) ? 😉

  4. Je ne pense pas avoir dit qu’on pouvait prévoir le temps quelque part à partir de l’anomalie mensuelle. Je pense qu’il fait très froid à certains endroits, plus froid qu’imaginé même, et il est évident que l’anomalie mensuelle est à la baisse depuis quelques mois. Tout cela ne va pas dans le sens du réchauffement et de toute la rhétorique habituelle autour de ce sujet.
    Le chaud qui fait du froid comme le dit la presse (qui s’empresse un peu trop à mon avis) me paraît être un raisonnement inaudible pour beaucoup de gens (plus personne ne la croit d’ailleurs), d’autant qu’on sait qu’il y a beaucoup d’intérêts en jeu dans cette histoire de réchauffement soit-disant anthropique.
    Comme vous le dites, il ne faut pas s’emballer car personne ne sait exactement ce qui va se passer. Ce n’est qu’hypothèses contre hypothèses.

  5. Entre les prévisions météorologiques (deux semaines avec un minimum de fiabilité, souvent très faible en conditions perturbées aux latitudes moyennes) et les tendances climatiques, il y a -notamment- les tendances (qui ne sont pas des « prévisions »!) d’anomalies de température. Celles que je suis régulièrement -lien ci-après- affichent depuis plusieurs mois, et pour les six mois à venir encore, des anomalies positives sur la quasi totalité de l’Antarctique, soit quelle que soit la saison en hémisphère sud. Pas vraiment rassurant si l’on se réfère aux études évoquées ici: le risque est bien l’effet de seuil. Déjà atteint si j’ai bien compris Eric Rignot pour les conséquences du réchauffement par l’océan profond (elles se poursuivront quelle que soit notre attitude -Cop 21 ou pas…-), il pourrait l’être aussi pour celles liées à l’air plus chaud, avec des effets bien plus dévastateurs: un glacier qui n’a plus rien pour l’arrêter en bordure d’océan ne peut que s’effondrer.
    Dans l’hémisphère nord, c’est beaucoup plus contrasté, entre autres parce que la masse continentale y est plus importante. Il y a aussi l’effet La Nina. Les tendances annoncées depuis l’automne se confirment néanmoins: vague de froid intense sur le nord-est de l’Amérique du Nord, douceur sur l’Eurasie. Dire si elles sont favorisées voire amplifiées par le réchauffement global est difficile mais plausible comme l’explique Johan dans son dernier commentaire.
    L’important dans tout cela est bien la tendance globale, qui ne se juge qu’à l’échelle minimale de la décennie, celle du climat: réchauffement, qui ne veut pas dire sans anomalies régionales et saisonnières. Ainsi le commentaire de Ghtuz est-il bienvenu: le fameux « optimum médiéval » n’était manifestement pas global, mais bien plutôt une anomalie régionale. Merci aussi à Maignial pour ses interventions toujours pertinentes (et bien plus argumentées que les miennes!).
    http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/htmls/glbT2me3Mon.html

  6. Au final, si tout (ou partie, suivant les avis) le réchauffement est du aux GES, qu’y pouvons-nous ? Il me semble que plus de 80% de la production d’énergie mondiale est d’origine fossile. Les gros pays émetteurs de GES ne sont pas disposés à baisser leur émission et il me semble que les pays en voie de développement non plus. La France c’est 0,9% du CO2, donc même si on baisse de 20% nos émissions à grands coup de taxes, ça ne changera rien pour la planète.
    Et comment expliquer l’attitude de R. Lindzen qui dit que croire que le CO2 guide le climat, c’est comme croire à la magie ? Et celle de J. Curry ? Ils se plantent ? (simple questions).
    Les « réalistes/sceptiques » avait déjà parlé (en termes dépassionnés) de la fonte des glaces par le dessous de la mer => https://www.climato-realistes.fr/la-fonte-des-glaciers-de-lantarctique-rechauffement-climatique-ou-variabilite-naturelle/#_ftn1

  7. Finalement ce débat, où tous les protagonistes semblent vouloir rester sur leur position ; montre qu’on est en droit de se poser les deux questions suivantes :
    – Quel événement climatique pourrait changer l’opinion d’un climato-carbo centriste ?
    – Quel événement climatique pourrait changer l’opinion d’un climato-sceptique ?

    Si déjà les uns et les autres sont incapables de trouver un argument qui pourrait les faire changer d’opinion, nous sommes alors là dans le domaine de la croyance, autant parler du sexe des anges.

    Je suis personnellement sceptique, j’ai donc des doutes.
    Par contre si dans les 10 années à venir, la courbe des températures remonte sensiblement, et dépasse de manière significative les plafonds actuels, je changerai d’opinion. Je suis donc sceptique de mon propre scepticisme 😉

    Quel sera par contre l’opinion du climato-carbo centriste si, dans les dix années à venir, les courbes descendent significativement et sans ambiguïté?
    C’est une vraie question, qui met chacun face à ses responsabilités et à sa conscience.
    J’ai l’intime conviction que beaucoup trouveront de multiples et diverses analyses scientifiques pour nous informer que cette « anomalie » baissière n’est en fait qu’une preuve supplémentaire du réchauffement climatique. Je me trompe ?

    • Tout d’abord, il faut rappeler que 95% des scientifiques qui publient dans des revues pensent que le réchauffement climatique est réel. De même pour les Académies des sciences de 80 pays.
      Maintenant vous pourriez me rappeler la mythique prise de position « 100 chercheurs contre Einstein » pour critiquer la théorie de la relativité. Ce à quoi Einstein a répondu, « un seul aurait suffit s’il avait eu raison ». Il faudrait donc que vous nous trouviez aujourd’hui un Einstein du climat qui aurait raison contre tout le monde et contre les thermomètres.
      Quoi qu’il soit, certains qui se présentent ici comme sceptiques semblent plutôt remplis de certitude davantage que de doutes. Une discussion sincère ne peut pas se conclure systématiquement par « de toute façon la France ne pèse rien dans le monde » ou autres arguments d’anguille du même genre.

    • @DenisP: mais la situations que vous imaginez s’est déjà produite, plusieurs fois! Entre 1998 et 2013, la température est restée stable avant de monter en flèche les années suivantes. Pareil entre 1987 et 1996. Et à chaque fois, on nous dit que la température a fini de monter et que le réchauffement anthropique est une foutaise. C’est pareil aujourd’hui, et ce sera pareil la prochaine fois. Le statut quo pouvais se comprendre la 1ère fois, maintenant on a l’expérience passée.

      • Vous ne répondez pas à la question.
        Je la repose: Si les températures baissent dans les dix années à venir, de manière significative et non contestable, sera-ce en mesure de faire vaciller vos certitudes?

        • Je vous propose un « retour vers le futur » : partez 10 ans en arrière et posez-moi la même question.
          Ma réponse en 2007 : « oui Denis, je vacillerais si en 2017 les températures ont baissé ».
          J’étais loin de me douter, en 2007, que le record de chaleur serait battu en 2014, 2015, 2016…
          Mais voilà que Denis revient à la charge en 2017 : et si dans dix ans….

          • La question ne vous a pas été posée en 2007, vous n’avez donc pas eu a y répondre. ET personne ne sait (vous y compris) ce que vous auriez répondu à l’époque. Bref, contentez-vous, si vous le souhaitez, de répondre à ma question aujourd’hui.

          • Il y a 12 mois, j’étais encore sûr que le RCA nous menait à la catastrophe, sur la base de ce que disent les médias. Je croyais comme on m’avait de croire en Dieu il y a 45 ans.
            Puis, j’ai découvert qu’il y avait plein de choses plus ou moins cachées ou omises : plusieurs optimums dans le passé, courbe/crosse de hockey TRES malhonnête, 5 fois plus d’Ours polaire qu’il y a 50 ans, analyse des « sceptiques », pipeau du consensus scientifique, pilonnage médiatique incessant, comportement de nos élus, toutes les prévisions qui ne se sont pas réalisées, etc… etc…
            J’ai même appris dernièrement que le prix Nobel de la paix avait été décerné à Al Gore en 2007 au détriment d’Irina Sendler qui a sauvé 2500 enfants des camps de concentration. Bien sûr Al Gore est devenu très riche entre temps. Écœurant.
            Et puis tout cela est porté en France par Hollande, Fabius, Royal, Jadot, Duflot, Hulot, tous les politiques, y compris Macron (qui nous l’a bien caché avant son élection), ce qui ne peut que multiplier mon scepticisme.
            Aussi, des gens de grande valeur (scientifique) ne sont pas du tout d’accord avec ce qu’on appelle à tort le « consensus ».
            Bref, plein de choses m’ont rendu très sceptiques et m’ont beaucoup déçu.

            Donc qu’est-ce qui atténuerait fortement mon scepticisme ? Déjà, si en 2020 l’anomalie est remontée et suit enfin la moyenne des modèles du GIEC, je serai à nouveau confronté à un problème de dissonance cognitive…
            Pas besoin d’attendre 10 ans me concernant, bien que d’ici 10 ans on en saura plus.

        • @DenisP: oui, si la température baisse significativement dans 10 ans (par rapport à 2015 et 2017, je ne prends pas en compte le pic « el niño » de 2016) je changerai d’avis… sauf si une éruption majeure s’est produite entre temps, ce qui changerait tout.

          En attendant, je vous fais remarquer que l’activité solaire est au plus bas depuis plus d’un siècle, et que le Pacifique est passé en condition « la niña », soit deux des principales sources de variations naturelles connues ou suspectées du climat, qui devraient conduire à un refroidissement planétaire. Or, si la température a baissé légèrement ces derniers mois, elle demeure au niveau de ce qu’on avait en 2015, qui avait été marquée par un record de chaleur planétaire à l’époque. Et @Ninja, si prompt à nous demander des explications qu’on lui fournit régulièrement mais qu’il ne prend pas en compte, ne nous éclaire jamais sur les raisons qui font que la température reste si élevée alors que tout devrait conduire à ce qu’elle soit au niveau de l’ère pré-industrielle…

      • Bonjour Maignal,

        Demandez-leur ce qui pourrait bien faire baisser la température globale avec les données actuelles, les mécanismes et ensuite les conséquences. Car avec un « si » sans en concevoir les conditions, c’est serait aussi dingue que de leur demander un « si » dans le cas où la tendance reste la même ne sachant pas s’il vont perpétuer ce même attentisme. 😉

        • Bonjour Ninja,

          Disposez-vous d’un modèle climatique permettant d’appréhender, avec une certaine marge d’incertitude, le climat pour les cent années à venir, et projetant des données foncièrement différentes de celles du GIEC? Bien évidemment, ce modèle devra pouvoir être comparé aux estimations du GIEC ainsi qu’à la réalité des 30 dernières années.
          Sinon, pour les hivers de 40 cm de neige en Région Parisienne que vous sembliez contester dans une autre ligne de commentaires, reportez-vous au commentaire de « PhildeNuits décembre 28, 2017 à 18 h 27 min  » qui ne semble pourtant pas être un réchauffiste. Mais évidemment, vos souvenirs ne vont pas jusque là. Les miens, si!

          • J’ai clairement répondu à la question moi 🙂

            Pour les modèles, si on prends le moins pessimiste (modèle Russe je crois) on a des chance d’avoir raison.
            Pour la neige, certainement qu’il a fait plus froid dans les années 60, mais dans les années 70 on n’a pas vu grand chose (plus qu’aujourd’hui quand même).
            L’année dernière un Hôtel en Italie a carrément été enseveli sous la neige. Si cette dépression s’était décalée de quelques centaines de kilomètre, c’était pour nous j’imagine.
            Pour 1985, il me semble que c’est l’année ou j’ai fait un petit tour dans le fossé (sans gravité) avec ma petite voiture de l’époque. On a dû avoir un 15 cm de neige, puis du froid ce qui a fait tenir la neige. Ça a dû descendre vers les -18°C en Champagne-Ardennes. Comme en Région centre en 2013. Mes arbustes actuels n’ont pas apprécié du tout.

          • Pour répondre sur le commentaire de Ninja:
            https://earth.nullschool.net/fr/#2017/01/17/1800Z/wind/isobaric/250hPa/overlay=precip_3hr/orthographic=-344.41,34.62,410/loc=13.827,42.145

            L’exemple de l’hotel en Italie dans les Abruzzes, en début 2017, il n’est pas assuré que ce soit uniquement le fait d’intenses précipitations qui aurait alourdi le manteau neigeux, il ne faut pas oublier que les Apennins est une région à forte sismicité. Un séisme de magnitude 5.7 (en recherchant l’évènement) a eu lieu juste avant. La relation de cause à effet est ou était en débat, j’ignore à cet instant ce qu’il en est. Le jeu des « si »… on aurait pu demander aussi s’il était prudent de laisser contruire un hotel à cet endroit connaissant les risques.

            Bon réveillon.

        • @Maignial : merci pour votre réponse.
          Et je suis d’accord avec votre paragraphe sur les principales sources de variations naturelles. C’est la raison pour laquelle je considère les années à venir comme cruciales. On sera bientôt, et définitivement, fixé. D’après le GIEC et compagnie rien n’indique que le climat se refroidisse dans les prochaines années. Donc si les observations de ces 10 prochaines années contredisent les prédictions… Il s’agira d’avoir les bons réflexes intellectuels.

          • Pour répondre exactement à votre question : pour mettre en doute le réchauffement climatique anthropique sur une période de 10 ans, il faut prendre en compte la variabilité naturelle.
            Le rythme du réchauffement a été de 0.17°C par décennie depuis 30 ans. Or El Nino peut booster la moyenne annuelle de 0.2°C. La variabilité interrannuelle est donc encore supérieure à la tendance décennale. Cela signifie qu’il faut comparer des périodes séparées de 10 ans avec les mêmes conditions dans le Pacifique.
            Donc, pour résumer, si en 2027 il n’y a ni éruption volcanique majeure et des conditions neutres dans le Pacifique, la température globale ne devrait pas être inférieure à celle de 2017. Si elle était dans ce cas inférieure à 2017, je me poserais des questions.

  8. @ Maignal : the science is NOT settled !!!
    Et c’est pas moi qui vais vous dire que je sais tout et que j’ai tout compris.
    L’activité solaire au plus bas, oui, elle baisse encore et d’après les sceptiques/réalistes on est sur le tout début de la mauvaise pente, c’est donc pour ça que si ça ne descend pas un peu vers 2020, je serai à nouveau confronté à un petit problème de dissonance interne. Il se peut aussi qu’un petit retard de 5 ou 10 ans apparaisse. qu’est-ce que j’en sais et qu’est-ce que vous en savez ?

    Et vous, vous ne me répondez pas quand je vous demande pourquoi des pointures comme R. Linzen ou J. Curry (pour ne prendre qu’eux) ne s’inscrivent absolument pas dans le fameux « consensus climatique ».

    Par ailleurs quand S&V écrit que l’activité solaire influe fortement sur le climat (le fait que S&V écrive ça est déjà un évènement…) et que cela va être intégré dans les modèles, vous balayez ça d’un revers de main en disant que cet article n’est qu’un simple compte-rendu (vous ou Ghutz, ou Johan, je ne sais plus).
    https://www.science-et-vie.com/ciel-et-espace/decouverte-le-rayonnement-cosmique-agirait-fortement-sur-le-climat-10254

    • Je n’ai pas encore vu cet article de Sciences et Vie, que je lirai avec plaisir. Du peu que j’ai compris à partir de l’article dont vous donnez le lien, une période de faible activité solaire serait corrélée à une couverture nuageuse plus faible en raison d’un flux moins important de particules cosmiques interagissant avec l’atmosphère terrestre. L’auteur ajoute même que moins de nuages = réchauffement. Pourtant, si les nuages bloquent le rayonnement solaire, ils bloquent aussi le rayonnement telluriques. Il y a longtemps que je ne me suis plus intéressé à cet aspect; mais, il y a 5 ans, l’action des nuages sur la température globale n’était pas encore claire.

      En tout cas, une activité solaire actuelle similaire à celle de la fin du 19ème siècle devrait avoir les mêmes effets; or, la température mondiale a beaucoup grimpé entre-temps. Pourquoi, comment? Pour quelqu’un qui s’en remet au hasard des découvertes futures, je trouve que vous êtes bien sûr de vous lorsque vous dites que le réchauffement anthropique est une connerie. Finalement, vous ne savez rien, sauf que nous vivons dans une merveilleuse société qui n’a pas d’influence sur le climat…

      • Non, mais Ninja est encore en train de pipeauter à plein tube. Cela devient pénible de donner des réponses qui ne l’intéressent pas. Quand à Science et vie, contrairement à ce que dit l’article, cela ne va pas être inséré dans les modèles. L’étude originale dit souhaiter que cela soit testé dans un modèle. On n’en est pas à une approximation ou à un mensonge près.

        • « Des chercheurs viennent d’exhumer un processus inconnu jusqu’ici de formation de nuages à partir du rayonnement cosmique. Il devrait être intégré aux modèles climatiques » (bon, ça fait 12 qu’on en parle il me semble).
          « Devrait » ce n’est pas « va », il est vrai, mais je fais confiance à Science & Vie.
          Approximation sur le vocabulaire je veux bien, mais mensonge…
          L’étude dit « The theory of ion-induced condensation should be incorporated into global aerosol models, to fully test the atmospheric implications. »
          Là on joue sur les mots. Il y a un conditionnel et non un futur, je vous l’accorde.
          Mais S&V parle de « découverte », « d’influence forte sur le climat », la logique voudrait que ceci soit incorporé dans les modèles.
          Ou alors les gens de S&V pipeautent à plein tube, eux aussi.

          • Non le conditionnel n’est pas facultatif. L’enjeu est de savoir si cette découverte est reconnue par d’autres chercheurs comme permettant d’améliorer les modèles.
            Je n’accuse pas S&V de pipeau, l’erreur est humaine. Seulement, j’ai pu vérifier dans l’étude elle-même. Cela se trouve à la fin du chapitre « discussion » si vous voulez vérifier. Quand je parle de pipeau, c’est plutôt pour l’ensemble de votre oeuvre si je puis dire. Vous posez des questions, vous avez des réponses, vous n’êtes pas convaincu et je doute que vous puissiez l’être.
            Reste le consensus scientifique et des preuves matérielles sans équivoque. Cela n’est certainement pas Judith Curry qui pourra le briser, sur ce qu’elle a pu apporter au débat.

      • L’étude sur laquelle cet article se base a déjà été commentée aussi sur le site de ‘skeptical’ (#101 ; il y a une différence pour le moment entre « ça va être intégré » d’un commentateur et ce que l’auteur souhaite que ce soit intégré). Lien que je lui avait fournit en commentaire plus haut (https://global-climat.com/2017/12/26/antarctique-une-hausse-de-la-mer-plus-importante-que-prevu/comment-page-1/#comment-2336), mais il semble qu’il n’a rien lu et donc il le remet en avant. Pour Ninja, seuls le soleil et les rayons comiques peuvent avoir une influence, toute autre source étant le premier pied dans la tombe.

        Ce n’est pas dramatique. Il a raison sur un point, sur un point d’équilibre, la terre se refroidira un jour comme elle l’a déjà fait depuis l’hadéen… avant d’être définitivement engloutie par son étoile. Le « si » qui vient ou pas, n’y changera absolument rien et ne nous y préparera en rien.

        • Je n’ai pas dit que le Soleil et les rayons cosmiques « seuls » peuvent avoir une influence. Là vous essayez juste de parler à ma place. C’est pas fairplay comme procédé.
          Je ne suis pas un scientifique (bien sûr), juste un citoyen lambda qui s’est rendu compte de tout le côté un peu « caché » autour du RCA . Tout est verrouillé en France pour des motifs non avoués.
          De grands scientifiques s’inscrivent en faux par rapport à tout cela, et c’est louche qu’ils n’aient jamais la parole.
          C’est pour cela que j’ai demandé à plusieurs reprise ce qui pouvait les motiver. Vos opinions argumentées m’intéressent sur ce sujet.

          • Pourtant il n’est question que de cela (de « cosmoclimatologie ») lorsque vous vous manifestez.
            Écoutez, la chose est simple: je suis aussi un citoyen lambda qui s’informe, qui lit autant qu’il le peut des études pour mieux comprendre notre environnement, ce système thermodynamique. Ce qui nous différencie, c’est que je ne vois rien de caché dans la livraison de ces études, et que les interprétations de nos élites dirigeantes sont toujours autant intéressées ou à coté de la plaque depuis des temps mémoriaux. Vous avez des réactions pavloviennes. Vous glissez simplement dans le conspirationisme; vous n’êtes pas sceptique, car la science ne vous intéresse pas : quand on vous propose de lire des articles qui peuvent vous aidez à la compréhension de certains péhnomènes, nous avons ce mauvais goût que cela reste lettre morte mais vous nous posez une injonction à contre-argumenter ce que vous seul balancez à répétition ici… et vous vous parlez de fair play ?

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