Climat

Température mondiale : premiers bilans pour l’année 2020

Avec l’arrivée des relevés du mois de décembre, c’est l’heure des premiers bilans de température globale pour l’année qui vient de s’écouler. L’année 2020 figure une fois de plus parmi les plus chaudes de l’ère instrumentale.

Carte d’anomalies de température pour l’année 2020. Source : ERA5.

D’après des données préliminaires issues de la réanalyse ERA5 de dernière génération, l’année 2020 serait la deuxième plus chaude des archives remontant à 1979. NCEP-NCAR, une réanalyse de première génération conçue en 1996, place 2020 à la quatrième place. Selon les données satellitaires d’UAH, 2020 arrive en deuxième position. Le mois de décembre a tiré la moyenne globale de NCEP-NCAR, ERA5 et UAH vers le bas. Malgré les conditions La Niña actuellement en vigueur dans le Pacifique, l’anomalie mesurée par ERA5 est de +0,625°C pour l’année 2020, bien supérieure à celles des précédentes années marquées par El Niño (à l’exception de 2016, quasiment à égalité avec 2020). D’après le GIEC, la température climatologique moyenne mondiale pour la période préindustrielle est supposée inférieure de 0,63°C à la moyenne de 1981-2010. L’anomalie relevée par ERA5 équivaut ainsi à +1,25°C au-dessus de la moyenne 1850-1900. Le record de 2016 aurait pu être battu mais l’anomalie relevée par ERA5 en décembre (+0,435°C) dans un contexte La Niña a tiré la moyenne vers le bas.

Température annuelle janvier-décembre par rapport à 1981-2010 pour NCEP-NCAR, ERA5, UAH (en rouge). Les données de la NASA, de la NOAA et de RSS sont limitées à la période janvier-novembre (en gris).

Les réanalyses sont produites par assimilation de données, un processus qui repose à la fois sur des observations et des prévisions basées sur des modèles utilisant les lois de la physique et les observations passées. Les données satellites UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences. Il faudra attendre de voir les données des agences de référence comme la NASA qui utilisent des stations au sol pour faire un bilan définitif. La NASA devrait selon toute probabilité annoncer un record de chaleur.

Les cartes de NCEP-NCAR ont montré des anomalies surprenantes à la surface de plusieurs régions du globe depuis 2019. C’est la raison qui m’a poussé à publier dans la page « Température mondiale actuelle » les relevés d’ERA5. Les données quotidiennes d’ERA5 étant plus difficiles à obtenir, les chiffres présentés ici peuvent différer de quelques centièmes de degrés par rapport aux données officielles qui seront dévoilées par Copernicus et l’ECMWF dans son bilan final. Les anomalies d’ERA5 pour le mois de décembre ont été établies avec 4 relevés par jour (pour la température brute actuelle) et de KNMI (pour la climatologie 1981-2010), faute d’accès à la climatologie journalière d’ERA5. Ces données peuvent donc être considérées comme des données préliminaires. Ci-dessous, les moyennes mensuelles d’ERA5, NCEP-NCAR et UAH par rapport à la climatologie 1981-2010, ainsi que les moyennes sur 12 mois.

Catégories :Climat

11 réponses »

  1. Record ou pas, 2020 aura été très chaude. 2021 devrait nous offrir un léger répit, même si je m’attends à ce que la température mondiale rebondisse l’été prochain.

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  2. Ce qui m’inquiète le plus, mais qui était prévisible, c’est la rapide fonte de la banquise antarctique. Logiguement, une fonte forte de la banquise devrait permettre aux glaciers de s’écouler plus facilement dans la mer,en été, c’est à dire en janvier-mars pour le sud, accroissant l’eau douce. A terme, nous devrions avoir des amplitudes de banquise antarctique de plus en plus importantes. Cela n’aura que peu d’effet sur l’albédo, une large banquise se produisant lors de longues nuitées, mais il est tout à fait possible que cela contribue à stratifier encore plus la température des eaux antarctiques, modifiant la circulation des courants marins.

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